POEMES
 
Plus de 200 poemes à ce jour... tous ne sont pas en ligne mais ils seront régulièrement changés, des... archives... seront diponibles si vous souhaitez les relire.
Ces poemes seront bientôt classés par thème
 
 


1984 / ?


I


CERCLE

Pourquoi naître alors qu’on doit mourir ?

Pourquoi vivre alors qu’on doit souffrir ?

Pourquoi sourire alors qu’on doit pleurer ?

Pourquoi courir alors qu’on doit s’arrêter ?


Car pour apprendre à mourir il faut naître,

Car il faut souffrir pour apprendre à être,

Car il faut pleurer pour après sourire,

Car il faut s’arrêter pour ne plus courir.


Pourquoi faut-il aimer alors ?

Pourquoi faut-il être deux pour attendre la mort ?

Pourquoi faut-il donner notre cœur ?

Pourquoi faut-il trouver le bonheur ?


Car il faut s’aimer pour être moins seul,

Car à deux on ne pense pas aux linceuls,

Car notre cœur se donne lui-même,

Et ce n’est pas dans le malheur qu’on s’aime.

 

II

Ils se battent pour une idée,

Que tous ne comprennent pas.

Et en jouant leur vie au dés,

Ils gagnent ce qu’ils ne méritent pas.


Ils se battent pour un pays

Qui leur offre le malheur .

En chantant la fleur au fusil,

Ils iront mourir en chœur.


Ils se battent pour un honneur

Qui ne leur reviendra pas.

Et au milieu des champs d’horreur,

Il ne les aidera pas.


Ils se sont tous battus !

Pour un pays, une idée un homme.

Et même si la guerre tue,

Ils se battront toujours, les hommes.


III


Que faire devant tout cela ?
Lorsque l’homme ne sait plus quoi,

Qu’il pense à l’au-delà

Et devant la vie reste coi.

Il se demande comment

Avant de se demander pourquoi

Car à lui-même il se ment

En puisant dans son carquois.

Il construit pour mieux détruire

Ce qu’il à mis tant de temps à comprendre,

Ce qu’il à mis tant de temps à découvrir ;

Mais à son jeu il se laisse prendre.

Jusqu’ou ira-t-il dans sa folie ?

Nul ne peut le dire.

Et à la mort il se rallie

Car son seul avenir est de mourir.

IV


Un cri qui donne la vie,

En croyant donner le bonheur,

Et sans lui demander son avis

On lui impose déjà sa dernière heure.


Les mois vont passer sans relâche,

De jours en jours, d’années en années ,

Pour accomplir la dure tâche

En évitant d’être damné.


Il se rattachera à un Divin,

A un nom, a une image,

A une foi mais en vain

Il essaiera d’être sage.


Et puis son tour viendra,

La conclusion d’une existence,

Achevée dans la moiteur d’un drap,

Pâle avenir d’une vie privée de sens.

V

Je voudrais mourir,

Pour ne plus sourire

Au gens qui m’indiffèrent

Et m’envoyer en enfer


Ou au paradis, pour vexer

Tous ceux qui m’ont blessé

Dans ma tête, dans leurs paroles,

Ne plus jouer le rôle


Que l’on m’a refusé,

Pour au fil des jours m’user

En me saoulant de mots,

Sans souci de mes maux.


Et quand le matin se lève,

Las, je recommence mon rêve,

D’une vie sans aucun bruit,

En oubliant ces cris.


Alors je me réfugie dans l’Amour,

Un peu plus tous les jours,

Qui me donne cette tendre douceur,

Blotti tout au fond de l’âme sœur.

VI


Je descends dans la ville,

Sans un battement de cil,

Je regarde le monde

Comme une immense ronde.


Son unique désir

Se trouve dans l’avenir.

Rempli d’ambition, d’espoir,

Il ne cherche qu’à croire


Qu’un jour viendra, il sera beau,

Ou il aura sa place en haut,

Et qu’il sera le maître

D’un monde qu’il fera naître.


Changer, tout changer pour le meilleur,

Pour trouver le bonheur,

En oubliant le pire

En imaginant le rire.


Pour cacher la peur

D’une sombre dernière heure,

Blottie dans le tiroir

Du dernier coin de vie, il voudra croire

Qu’il y a un paradis

Qui, tel une utopie,

Un rêve ou un espoir

Masque le désespoir.

Las, il imagine être un enfant

Mais l’enfer est pour les enfants,

Car à l’aube de leur temps

Ils ont encore à se battre longtemps.


Se réfugier dans l’amour ?

Pour croire qu’il aimera toujours ?

Pour monter très haut dans l’espoir ?

Et retomber un soir au fond d’un bar.


Il ne lui reste qu’à créer

Un monde pour rêver.

C’est ce que je fais ce soir

Pour éviter d’être un tiroir.

Le monde est un grand meuble, ou quelques milliards de tiroirs grinçants ont souvent peur de s’ouvrir, mais n’hésitent jamais à se fermer…


VII

Quelques gouttes d’eau sur des joues pâles,

Restes infimes d’une passion brûlante,

Piètres souvenirs d’un Amour fatal,

Dont il ne reste qu’une larme souffrante.


Des mois de violents et tendres bonheurs,

Des jours de chaleur et sans raison

Se sont écroulés pour quelques heurts,

Et ne sont plus que cœurs sans maison.


Ou sont-ils ces grands et doux moments ?

Dont il ne reste que le sombre souvenir,

D’un Amour disparu dans le firmament,

Des cœurs perdus qui à l’infini vont souffrir.


Quelques poussières d’étoiles

Qui resteront à jamais vivantes,

Qu’en quelques gouttes d’eau sur des joues pâles,

Restes infimes d’une passion brûlante.

RIEN NE MEURT VRAIMENT…

JOURNEE

Quand l’aube apparaît, il ne peut pas voir.

Quand le soleil pointe, il ne veut rein entendre.

Quand il est au zénith, il veut tout savoir,

Et quand il se couche ne veut plus rien comprendre.


ETINCELLE

Deux mille auront bientôt passé,

Sans qu’ils n’aient la moindre étincelle,

Malgré toutes les épreuves du passé,

Ils ne voient pas que leur vie chancelle.


PRINTEMPS


Les feuilles et les cœurs revivent,

Pour parer de leurs couleurs vives

Les journées d’un nouveau temps,

Quand bourgeonne le Printemps.


ETE


Le soleil écrase les champs,

La chaleur étouffe les gens,

Les corps sans volonté,

Quand se rallume l’été.


AUTOMNE

Ces fenêtres qui pleurent,

Ces feuilles qui m’effleurent,

Le ciel qui tonne,

Font tomber l’automne.

HIVER

Les arbres semblent morts,

Gelés dans leur corps,

Dénudés de tout vert,

Quand arrive l’hiver.


PHYSIQUE


Avec ton corps je ferais tomber les montagnes.

Avec ton cœur je briserais les carcans.

Avec tes yeux j’éblouirais les campagnes.

Avec ton Amour je ferais un enfant.

SANS SAVOIR

Sans savoir pourquoi ni comment,

Je t’aime sans relâche.

Mais si ton cœur me lâche

Ne me dis ni pourquoi ni comment.

Il est tard…


Il est tard et je pense à toi

Petite fille aux yeux clairs,

Qui à mon cœur à donné un toit,

Et à ma vie un peu d’air.

IX

Elle est venue un jour,

Ou seul, je me demandais ce qu’était l’Amour.

D’un unique regard,

De ses yeux clairs elle me dit que c’était un art.

Elle a des yeux que lui envient les étoiles,

Et qu’on n’oserait cacher d’un voile.

La Déesse même est jalouse de sa bouche

Que rêve d’effleurer le soleil qui se couche.

Elle a un cœur si grand pour moi,

Lorsqu’elle daigne m’appeler toi.

Elle prend une si grande place dans ma vie

Qu’à son visage je me rallie.


XII

J’ai envie de t’aimer

Jusqu’au plus profond de toi.

J’ai envie de t’adorer

Pour que ton plaisir ne soit que moi.

Je veux de toi encore plus fort

Afin que tu m’appartiennes,

Qu’avec les flammes de nos corps

Au fond de toi tu seras mienne.


Je veux que ton désir me brûle

Dans nos corps qui fusionnent,

Que notre Amour nous fasse mal

Et que notre cœur tonne.


Et dans cette vie qui nous veille,

Je veux que tu soies à moi,

Et au plus profond de ton sommeil

Alors je serais à toi.

XIII

Ils marchent tous en rang derrière la charrette sombre

Qui transporte en silence à sa dernière demeure

Celui qu’ils n’apercevaient plus que dans l’ombre

Et qui ne leur laisse que des pleurs.

Le visage blême et le dos courbé,

Ils regardent avec effroi

La grande boîte clouée,

Qui renferme à jamais la noirceur et le froid.

Lentement ils attendent dans le mystère

Qu’ on lui confie les clés de l’ultime abri.

Ou, dans l’humidité de sa dernière terre,

Il attendra sans bruit

Que l’un d’eux à son tour vienne le rejoindre,

Et ensemble ils attendront dans la pénombre,

A l’heure ou le soleil va poindre,

Ceux qui marchent derrière la charrette sombre.

 

1628


Deux gardes surplombant la mer,

Dominant fièrement la terre,

Mémoire fidèle de l’histoire,

D’hommes gardant toujours l’espoir.


Vieilles pierres vivantes de souvenir,

De souffrance mais aussi d’avenir,

Qui, salées par la vie, souillées par le sang,

Ne se rendirent jamais pour l’honneur de leur rang.


Toutes ces luttes, mères de famines

Mais fières blessures de gamines,

Qui pour la liberté de gosses,

N’hésitèrent pas à prendre la crosse.


Mais triste défaite de la cité,

Sans cesse par l’ennemi hantée,

Unique souvenir de la citadelle,

Du passé martyr de La Rochelle.


XIV

Seul dans une gare,

Où tout le monde semble perdu

Je regarde passer le hasard

D’un monde fait d’impromptus


Les gens passent et repassent

D’un quai à l’autre,

D’un rêve qui s’efface,

Sans se soucier de qui est l’autre.


Ils fuient les hommes,

S’éloignent de leur existence

Ou cherchent le bonheur,

Et à leur vie trouver un sens.


Finalement ils prendront un train

Pour aller quelque part ou nulle part

Réaliser un rêve vain,

Qui peut-être se trouve dans une gare.

 

XV

Cette languissante chaleur qui agrémente l’ennui,

Et à tout moment fait renaître l’envie

D’être quelque part mais ailleurs,

En quête de quelques instants de bonheur.


La pénombre des volets fermés,

Le silence brûlant de l’être aimé

Cette fausse fraîcheur et ce feu invisible

Sont les agresseurs de mes illusions sensibles,


Victimes innocentes de la vie des autres,

De leurs habitudes et de leurs fautes

Inconscientes, mais trop présentes,

Résultat d’une incompréhension pesante.


Mais je reste par amour de l’envie,

Avec une femme qui fera ma vie,

En attendant dans la nuit,

La mort de ces moments d’ennui.


XVI

Je ne t’aimerai que d’envie.

Et dans mon cœur et dans ma vie,

t’aimer sera mon bonheur

au fil de mes jours et des heures.


Donne moi ton amour.

Offre moi pour toujours

Rêves éveillés et secrets intimes,

Eléments profonds d’un amour sublime


Mêlé de tendresse et de volupté,

Aussi sensuel que certains soirs d’été,

Ceux où l’on a envie d’aimer,

Honneur lubrique des corps affamés.


Emmène-moi loin dans ce monde,

Royaume des sensations profondes,

Imaginer que le désir,

Est bien plus fort que de mourir.

XVII


Tu sais ce qu’il faut faire

Toi, ma belle enfant aux yeux clairs,

Lorsque mon cœur s’assombrit

Et que mon âme se referme sans bruit.


Quand le néant s’empare de moi,

Quand la tristesse vole mes joies,

Et que ma vie lentement s’enterre

Dans des pensées involontaires


Alors tu dévoiles tes charmes,

Car tu connais bien tes armes.

Et telle une jeune fille innocente,

D’un seul regard tu me tentes.


Puis je me laisse aller,

Avec toi je vais m’envoler,

Dans le profond calme sûr

d’une sérénité compacte et sans fissures.


XVIII

A la fois tendre et furieuse,

Aux sensations étonnantes et curieuses,

Elle est comme une femme volage

Qui au quatre vents oublie son âge.

Pourtant elle fait encore peur,

Elle qui n’est faite que de la sueur

D’hommes l’ayant affrontée,

Qu’elle a séduits ou rejetés

Elle est calme pour attirer

Celui qu’elle veut mieux dominer.

Et se déchaîne comme une furie

Quand à son piège il est pris.

Fière compagne de Neptune,

Amie secrète de la lune

Elle est pourtant notre mère,

Cette femme qu’on appelle la mer.