l'ecriture |
Je ne sais pas si tous les écrivains font comme moi avant d'écrire
un livre, savoir s'il faut l'écrire ou pas, c'est une bonne question,
je laisserai le lecteur (t'as vu ? Je parle au singulier, optimiste
avec ça !) y répondre avec toute l'objectivité
sensée le caractériser. Quoique, certains auraient mieux
fait de tourner sept fois leur stylo dans leur main avant de se décider,
ça aurait au moins évité à pas mal d'éditeurs
de perdre de l'argent et par contre à certains pharmaciens d'en
gagner… A quelque chose malheur est bon, les adeptes de l'insomnie
me comprendront. Moi, je veux que mon éditeur gagne de l'argent,
beaucoup d'argent, énormément d'argent, car comme il ne
va me donner que dix pour cent de ce qu'il va gagner, j'ai tout intérêt
à ce qu'il aligne les zéros ! Moi, le truc le plus difficile
à écrire sur mon bouquin, ce sera le prix justement. Comment
donner une valeur à quelque chose qui n'en a pas ? A moins que
je le fasse signer par un connu. Mais là, c'est moi qui devrai
payer. Cela dit, vous me traiteriez d'arnaqueur, au cas où vous
me traiteriez car aucun éditeur n'accepterait de publier un bouquin
comme ça, sauf si je m'édite à compte d'auteur,
mais de la à publier un livre à mon propre compte, je
médite. De toutes façons, je n'ai pas assez d'argent pour
le dépenser dans des trucs pareils. Il faudrait pour ça
que j'en ai écrit un qui m'ait rapporté, mais comme le
premier c'est celui-là, on verra bien pour le deuxième.
D'ailleurs je me pose la question, qu'est ce qui fait qu'un éditeur
publie un livre ? Quand on voit ce qui est publié des fois, on
se dit que ces braves gens ont vraiment de l'argent à dépenser
et qu'ils ne savent qu'en faire. On se dit aussi qu'il y a des gens
qui les achètent ces bouquins. (Celui qui a dit les profs-de-français-en-première
ferait bien de se taire, c'est qu'il n'est même pas capable d'en
être un. Imbécile va ! Comment t'aurais pu apprendre à
lire si tu n'avais pas eu de prof de français ? Bon d'accord,
t'as pas appris à lire en première mais quand même
!) Finalement, tout le monde y trouve son compte, l'écrivain,
qui est content que son nom soit marqué sur la tranche qui colle
les deux cent pages, content aussi de passer chez Bernard Pivot (attention
elles vont tomber ) dans son bouillon de culture, émission qui
porte bien son nom. L'éditeur, qui y trouve son compte au propre
sens du terme, bien que des fois c'est lui qui devrait user d'un pseudonyme,
et notre brave lecteur qui a plusieurs solutions : 1. Le bouquin lui plaît et il est content. 2. Le bouquin ne lui plaît pas et il est quand même content
car : a) Il peut caler une table avec. b) Ça fait bien dans la bibliothèque vis à vis
des copains qui disent que René est très cultivé. c) Il a un somnifère à 142.50 FF utilisable ad vitam
eternam. (et oui, plus il l'utilise plus il va dormir.) d) A la rigueur, s'il est assez gros, il peut l'utiliser contre son
contrôleur du fisc. Ca en fera au moins un qui ne trouve pas son
compte. Donc par voie de conséquence, l'éditeur est un bienfaiteur de l'humanité, puisqu'en éditant n'importe quoi, il rend les gens heureux, sauf les contrôleurs du fisc car personne ne les aime, et c'est pour ça aussi que l'éditeur est un bienfaiteur. Quoique pour les contrôleurs du fisc, la seule fois où on les aime justement, c'est quand ils écrivent des livres et là, tout le monde y trouve vraiment son compte. Ouf ! Il fait chaud, ça réchauffe d'écrire, j'aurais pas dû commencer en juin, j'aurai dû attendre l'hiver, ça m'aurait économisé du chauffage. C'est d'ailleurs pour ça que certains écrivains prennent des nègres, ils supportent mieux la chaleur et peuvent écrire toute l'année. Tiens parlons en des nègres, il y a des « écrivains » qui ont gagné tellement d'argent qu'ils peuvent se permettre de faire écrire quelqu'un à leur place. Du genre « tiens Balthazar, refais-moi l'Iliade, et pas de fautes s'il te plaît j'en ai besoin pour le premier novembre, en prévision des cadeaux de Noël ». Certains « écrivains » écrivent même leur premier livre avec un nègre. C'est une question de style. Et oui, pour le deuxième livre, il faut bien qu'on puisse dire d'eux : « aaah, on retrouve bien là son style ». (Je ne pense pas qu'aux profs de français). Ben oui, le style, c'est important ça madame il faut du style. C'est ce qui différencie l'écrivain du comptable. Si l'écrivain n'a pas de style, il ne peut devenir comptable, alors que le comptable, s'il travaille avec le contrôleur du fisc nommé précédemment, il peut devenir écrivain, il n'a qu'à prendre sa plume et son style haut. Pourquoi vous riez pas ? San-Antonio faisait (des fois) les mêmes, et vous riez, c'est pas juste ! |
| |
||
| themes |
||||||||||